«Personne n'anticipait une baisse de quatre points de la CGT», constatait vendredi un syndicaliste cheminot de la SNCF. Au lendemain des élections professionnelles, les résultats du scrutin montrent un tassement du premier syndicat de la SNCF et une remontée de la CFDT, après son effondrement il y a deux ans. La CGT passe de 46,94 % à 43,24 % mais reste de loin le premier syndicat, devant l'Unsa, qui passe de la troisième à la deuxième place, (14,64 % contre 14,06 %) à quasi égalité avec Sud Rail, en troisième position (14,51 % contre 14,72 % en 2004). La CFDT, elle, recueille 10,04 % des voix, contre 7,50 % en 2004 (où l'organisation avait perdu 11%). La CFTC remonte également de la sixième à la cinquième place avec 7,29 % (+ 1,44 %), tandis que FO régresse d'un rang, avec 6,49 % (-0,12% ).
Le scrutin de jeudi n'a pas enregistré de «vote jeune» (un tiers des agents sont entrés il y a moins de six ans dans l'entreprise). En revanche, les cheminots semblent avoir sanctionné la CGT qui a rejeté un accord d'intéressement en octobre. Le premier syndicat de la SNCF paye aussi l'échec des grèves de novembre-décembre : «Il y a eu certainement de l'inachevé, de l'incompréhension», confiait vendredi Didier Le Reste de la CGT Cheminots.
François Chérèque s'est félicité sur Europe 1 de la progression de la CFDT-cheminots, voyant là « une prime aux syndicats qui s'étaient engagés dans l'accord d'intéressement » auquel « les syndicats majoritaires se sont opposés ». « Ce résultat démontre que la CFDT sait être à l'écoute des cheminots et a ainsi pu construire, négocier et concrétiser son action en phase avec leurs attentes », a souligné le syndicat dans un communiqué. (24 mars)
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